Les marchés financiers ont traversé un troisième trimestre marqué par la hausse des prix de l’énergie, les tensions commerciales et la résistance de l’économie américaine. Malgré un recul en septembre, plusieurs grandes Bourses ont terminé les trois mois au 30 septembre 2026 en hausse. Les obligations ont toutefois connu un trimestre plus difficile, alors que les taux d’intérêt sur les marchés ont augmenté.
Cette information est fournie à titre éducatif seulement et ne constitue pas un conseil de placement ni une recommandation d'achat ou de vente de titres.
L’essentiel à retenir
Les principales Bourses ont généralement progressé, avec des résultats variables selon les régions.
Le pétrole Brent a gagné 30,10 % sur le trimestre, dans un contexte de tensions au Moyen-Orient.
L’économie canadienne a montré des signes de faiblesse, notamment sur le marché du travail.
La consommation et les investissements ont soutenu l’économie américaine, malgré une confiance des ménages en baisse.
Les banques centrales ont pris des directions différentes : le Canada a maintenu son taux directeur, tandis que les États-Unis, la zone euro et le Japon ont relevé les leurs.
Des gains boursiers malgré un mois de septembre difficile
Les actions mondiales ont progressé durant la première partie du trimestre avant de perdre du terrain en septembre. Aux États-Unis, les solides résultats des entreprises pour le deuxième trimestre ont soutenu les marchés. Les dépenses importantes consacrées à l’intelligence artificielle (IA) ont notamment contribué à cette vigueur.
Les secteurs liés à l'IA peuvent connaître une volatilité importante et leur performance future demeure incertaine.
Les indices boursiers permettent de suivre l’évolution d’un ensemble de titres et servent de points de repère pour les marchés. Les indices ne sont pas gérés et il n'est pas possible d'y investir directement.
Voici les variations enregistrées durant les trois mois terminés le 30 septembre 2026 :
| Marché ou indicateur | Variation trimestrielle |
|---|---|
| Canada — S&P/TSX composé | +1,62 % |
| États-Unis — S&P 500 | +2,22 % |
| États-Unis — Nasdaq | +2,61 % |
| Marchés mondiaux — MSCI Monde | +1,83 % |
| Marchés développés d’Europe, d’Australasie et d’Extrême-Orient — MSCI EAEO | +0,62 % |
| Royaume-Uni — FTSE 100 | +1,81 % |
| Allemagne — DAX | +0,81 % |
| Japon — Nikkei 225 | −4,23 % |
| Chine — MSCI China | +3,50 % |
| Obligations — FTSE Canada Univers | −2,96 % |
| Or | +3,63 % |
| Pétrole brut Brent | +30,10 % |
Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Les différentes catégories d'actifs comportent des risques et des caractéristiques distinctes; les performances observées reflètent uniquement la période mentionnée.
Le pétrole et les obligations au cœur des fluctuations
Le pétrole a connu d’importantes variations. Le Brent, qui se situait près de 70 $ US le baril à la fin de juin, a atteint 100 $ US en juillet. Il est ensuite redescendu vers 80 $ US au début d’août, avant de dépasser de nouveau 100 $ US en septembre et de terminer le trimestre au-dessus de ce seuil. Les tensions dans le détroit d’Ormuz sont demeurées un facteur important pour les marchés de l’énergie.
Les obligations d’État ont subi un vaste mouvement de vente en septembre. Lorsque le prix d’une obligation diminue, son taux de rendement augmente. La hausse de ces taux peut accroître les coûts d’emprunt des gouvernements et se répercuter sur ceux des consommateurs.
À la fin du trimestre, les taux des obligations du Trésor américain à 10 et à 30 ans avaient atteint des niveaux qui n’avaient pas été observés depuis 2002. Le recul du marché obligataire rappelle que la valeur des obligations peut fluctuer. Les placements comportent des risques, y compris la perte possible du capital investi.
Canada : une croissance hésitante et un marché du travail affaibli
L’économie canadienne a stagné en juillet, après une progression mensuelle moyenne de 0,5 % d’avril à juin. La faiblesse de la fabrication et du commerce de gros et de détail a contrebalancé la croissance de certains services, notamment l’hébergement, la restauration et les services professionnels.
L’estimation provisoire de Statistique Canada indiquait une hausse de 0,2 % du produit intérieur brut en août. Le PIB mesure la valeur des biens et des services produits dans l’économie. Cette estimation, qui peut être révisée, laissait entrevoir une légère croissance possible au troisième trimestre.
Les ventes au détail ont reculé de 0,7 % en juillet, leur première baisse de 2026. Les premières estimations pour août suggéraient toutefois une reprise, laissant penser que les dépenses des ménages résistaient malgré les prix de l’essence et l’incertitude commerciale.
Le marché du travail a été plus fragile. Le Canada a perdu 41 700 emplois en août, alors qu’une légère hausse était attendue. Le taux de chômage est resté à 6,4 %, car la proportion de personnes qui travaillaient ou cherchaient un emploi a diminué.
La croissance annuelle des salaires a ralenti à 2,0 %, sous le taux d’inflation de 3,0 %. Les salaires augmentaient donc moins rapidement que les prix, ce qui pouvait réduire le pouvoir d’achat des ménages.
Dans ce contexte, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre. Elle a privilégié une approche prudente, fondée sur les données économiques, tout en soulignant les risques liés au commerce et à l’énergie.
Les tensions commerciales avec les États-Unis se sont également intensifiées. Les négociations ont été interrompues le 21 août, puis les deux pays ont adopté des tarifs douaniers supplémentaires en août et en septembre. À la fin du trimestre, aucune reprise officielle des discussions n’avait été annoncée.
États-Unis : une économie résistante, mais des pressions persistantes sur les prix
L’activité des entreprises américaines est demeurée solide. L’indice composite des directeurs d’achat de S&P Global, qui mesure l’évolution de l’activité dans la fabrication et les services, est passé de 56,0 en août à 58,4 en septembre. Il s’agissait de son niveau le plus élevé depuis juillet 2021. Un résultat supérieur à 50 indique généralement une expansion.
Les nouvelles commandes ont progressé et les investissements liés à l’IA ont continué de soutenir les entreprises. En parallèle, celles-ci ont fait face à des coûts plus élevés, à des délais de livraison plus longs et à une accumulation des commandes en attente.
La consommation est aussi restée vigoureuse. Les ventes au détail ont augmenté de 1,2 % en août, leur plus forte hausse en cinq mois. La progression touchait 12 des 13 principales catégories, et les ventes augmentaient même en excluant les automobiles et l’essence.
L’économie a créé 162 000 emplois salariés non agricoles en août, tandis que le taux de chômage est demeuré à 4,1 %. La croissance annuelle des salaires a toutefois ralenti à 3,1 %, sous le rythme de l’inflation globale.
Les données sur les prix présentaient un portrait contrasté :
L’inflation globale, mesurée par l’indice des prix à la consommation, a atteint 3,4 % sur 12 mois en août.
L’inflation de base, qui exclut les aliments et l’énergie, s’est établie à 2,4 % selon ce même indice.
L’indice des prix des dépenses personnelles de consommation de base, une autre mesure suivie de près par la Réserve fédérale, affichait une hausse annuelle de 3,0 %.
Ces indicateurs utilisent des méthodes et des ensembles de dépenses différents, ce qui explique leurs écarts.
La Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur de 0,25 point de pourcentage le 16 septembre, portant sa fourchette cible à 3,75 %–4,00 %. Cette première hausse depuis 2023 reflétait notamment la vigueur de l’économie et les progrès limités contre l’inflation.
Malgré la résistance des dépenses et de l’emploi, les ménages demeuraient préoccupés. L’indice de confiance des consommateurs du Conference Board est tombé à 81,9 en septembre, son plus bas niveau depuis avril 2014.
Ailleurs dans le monde : l’énergie complique les décisions
Dans la zone euro, l’activité a continué de progresser, principalement grâce aux services. La fabrication a été moins dynamique, notamment en raison des coûts de l’énergie. L’inflation globale a atteint 3,2 % en août, tandis que l’inflation fondamentale, qui écarte certaines composantes volatiles, a ralenti à 2,4 %. La Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt à 2,5 % le 10 septembre, en soulignant les risques du conflit au Moyen-Orient pour les prix et la croissance.
Au Royaume-Uni, l’emploi a diminué de 26 000 postes en août et l’inflation a atteint 3,1 %, sous l’effet des carburants. La Banque d’Angleterre a maintenu son taux à 3,75 %, mais a indiqué que des pressions persistantes sur les prix pourraient justifier une nouvelle hausse.
Au Japon, la banque centrale a relevé son taux directeur à 1,25 %. Les prix à la production ont augmenté de 7,6 % sur un an en août, illustrant les pressions exercées sur les entreprises par les coûts de l’énergie, du transport maritime et de la main-d’œuvre.
En Chine, les échanges commerciaux ont bénéficié de la demande mondiale de produits technologiques. Les exportations et les importations ont fortement progressé, mais la demande intérieure est restée faible. L’inflation à la consommation a atteint 0,8 % en août, alors que la hausse des prix à la production s’est établie à 3,8 %.
À quoi peut-on s’attendre maintenant?
À la fin de septembre 2026, l’économie américaine semblait avoir mieux résisté à la hausse des prix de l’énergie que prévu auparavant. Les résultats des entreprises et les investissements liés à l’IA ont constitué des soutiens importants, sans garantir que cette vigueur se poursuivra.
Cette analyse reflète des opinions fondées sur l'information disponible au moment de sa rédaction et pourrait changer sans préavis.
Les prix de l’essence et du diesel demeurent un élément central à surveiller. Leur hausse augmente les dépenses des ménages et les coûts des entreprises, tout en compliquant le retour à une inflation plus faible. Ces pressions alimentent les attentes de nouvelles hausses de taux aux États-Unis, mais les prochaines décisions de la Fed demeurent incertaines.
Les relations commerciales canado-américaines pourraient également évoluer à l’approche des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre 2026. Les tarifs douaniers occupent une place importante dans certaines courses électorales, notamment au Maine et au Michigan.
Une victoire démocrate à la Chambre des représentants et au Sénat pourrait ouvrir certaines possibilités de négociation pour le Canada, sans changer la présidence américaine. Ce scénario reste toutefois incertain : le résultat des élections, les priorités politiques et les conditions d’une éventuelle entente commerciale ne sont pas acquis.
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