Les marchés ont réussi à progresser en août malgré un environnement beaucoup plus incertain. Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis se sont fortement intensifiées, avec l’annonce de nouveaux tarifs douaniers de part et d’autre. En parallèle, les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont contribué à faire monter les prix de l’énergie et à raviver les inquiétudes concernant l’inflation.
Malgré ces risques, les résultats des entreprises ont été très solides au deuxième trimestre, particulièrement au Canada et aux États-Unis. Cela a permis aux marchés boursiers de poursuivre leur progression. Le S&P/TSX canadien a gagné 3,10 %, le S&P 500 2,69 % et le Nasdaq 3,99 %. L’or s’est particulièrement démarqué avec une hausse de 13,28 %, alors que les obligations canadiennes ont légèrement reculé de 0,21 %.
🇨🇦 Canada : une économie plus résistante que prévu
L'économie canadienne a envoyé plusieurs signaux encourageants. Le PIB a progressé à un rythme annualisé de 3,3 % au deuxième trimestre, soutenu par les consommateurs, les investissements des entreprises et les exportations. Les entreprises canadiennes ont également enregistré une forte hausse de leurs bénéfices, notamment dans l'énergie et le secteur bancaire.
Le marché de l'emploi est demeuré solide, avec 75 100 emplois créés en juillet et un taux de chômage ramené à 6,4 %.
Quelques éléments sont toutefois à surveiller :
L'inflation globale est remontée à 3,0 %, même si l'inflation fondamentale demeure près de la cible de la Banque du Canada.
Les ventes au détail ont progressé en juin, mais les données préliminaires indiquent un possible recul en juillet.
Le conflit commercial avec les États-Unis constitue maintenant un risque important pour la croissance canadienne.
🇺🇸 États-Unis : entreprises fortes, consommateurs plus fragiles
La situation américaine est plus contrastée. Les entreprises ont affiché d'excellents bénéfices, et les investissements liés à l'intelligence artificielle jouent un rôle de plus en plus important dans la croissance économique et dans la performance du marché boursier.
En revanche, plusieurs signes montrent que les consommateurs commencent à ressentir davantage de pression. Les ventes au détail ont reculé de 0,6 % en juillet, l'emploi a légèrement diminué et la confiance des consommateurs s'est détériorée. Les prix élevés de l'essence ajoutent également de la pression sur les ménages.
L'inflation demeure suffisamment élevée pour que la politique de la Réserve fédérale reste un élément majeur à surveiller. Les marchés anticipent davantage la possibilité d'un resserrement des taux, ce qui pourrait continuer à exercer une pression sur les obligations.
🌎 Ailleurs dans le monde
L'Europe continue de composer avec une inflation élevée, tandis que la croissance demeure relativement modeste. Au Royaume-Uni, l'économie a fait légèrement mieux que prévu.
La situation chinoise est plus préoccupante : la production industrielle, les ventes au détail et les investissements montrent tous un ralentissement. Au Japon, la croissance reste positive mais inférieure aux attentes. L'Australie montre également des signes d'affaiblissement de son marché du travail.
À quoi peut-on s'attendre prochainement?
À court terme, les marchés semblent pris entre deux forces opposées. D'un côté, les bénéfices des entreprises restent solides et les investissements massifs dans l'IA soutiennent particulièrement les actions américaines. De l'autre, les tarifs douaniers, les tensions géopolitiques, les prix de l'énergie et l'inflation pourraient ralentir l'économie et maintenir les taux d'intérêt élevés.
Le marché américain devient également de plus en plus dépendant des grandes entreprises liées à l'IA. Cette tendance peut soutenir les indices lorsque ces sociétés progressent, mais elle peut aussi augmenter la volatilité si leurs résultats déçoivent.
En résumé : les marchés boursiers gardent une bonne dynamique grâce aux bénéfices des entreprises, mais les risques économiques augmentent. Pour les prochaines semaines, les principaux éléments à surveiller seront l'inflation, les décisions des banques centrales, l'évolution du conflit commercial Canada–États-Unis, la situation géopolitique et la capacité des consommateurs américains à continuer de dépenser.
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