La trajectoire ascendante des marchés observée au cours des deux premiers trimestres de 2023 a connu un ralentissement au troisième trimestre, avec des préoccupations concernant les taux d'intérêt, l'inflation et un ralentissement économique général freinant la dynamique de reprise.
Démarrant le trimestre sur une note optimiste, les actions en Amérique du Nord et à l'échelle mondiale ont grimpé jusqu'en juillet. Cependant, elles ont rétrogradé au cours des mois suivants, clôturant le trimestre en territoire négatif, bien que le marché des actions soit toujours en hausse depuis le début de l'année. Les marchés obligataires ont été témoins d'une augmentation des rendements aux États-Unis et au Canada, particulièrement après la révision à la baisse de la cote de crédit américaine par Fitch et en réponse aux annonces de politique monétaire de la Fed et de la Banque du Canada.
Les marchés de l'emploi en Amérique du Nord ont montré des signes d'essoufflement ce trimestre, avec un ralentissement de la croissance salariale au Canada, un développement sans doute accueilli par la Fed et la Banque du Canada dans leur tentative de modération économique et de vigilance sur les pressions inflationnistes à travers la croissance de l'emploi et des salaires.
Dans le cadre des efforts pour stimuler les relations commerciales avec les États-Unis, Janet Yellen, Secrétaire du Trésor américain, s'est rendue en Chine pour des discussions gouvernementales. Face à une reprise économique plus lente que prévu après la pandémie, la Chine a annoncé une série de mesures de soutien économique visant ses marchés de capitaux, ainsi que les secteurs de l'immobilier, de la technologie et de la consommation. Parmi ces mesures, la réduction du ratio des réserves obligatoires a libéré des centaines de milliards de yuans, favorisant ainsi l'augmentation de la capacité de prêt commercial.
La Banque centrale européenne a procédé à deux hausses de taux, de 25 points de base chacune, portant ses taux à 3,75 % en août et à 4 % en septembre. La Banque d'Angleterre, quant à elle, a maintenu ses taux inchangés en septembre pour la première fois en deux ans, à la suite d'une baisse modeste de l'inflation, qui demeure cependant la plus élevée parmi les pays du G7. La Banque du Japon a adapté sa politique, maintenant son objectif pour les rendements obligataires à 10 ans à 0 % tout en élargissant la marge de fluctuation autorisée et rehaussant ses prévisions d'inflation.
L'indice des prix à la consommation (IPC) aux États-Unis s'est aligné sur les prévisions à 3,7 %, influencé principalement par les coûts de l'énergie et des loyers. L'inflation sous-jacente a atteint 4,3 %. En juillet, la Fed a augmenté son taux cible de 0,25 %, atteignant 5,25 à 5,5 %, puis a maintenu ce niveau pendant le reste du trimestre. Le président de la Fed, lors du sommet de Jackson Hole, a prévenu que des hausses de taux supplémentaires pourraient suivre si l'économie ne ralentissait pas suffisamment pour contrôler l'inflation, avant d'indiquer en septembre que la fin du cycle de resserrement pourrait être proche, même si la lutte contre l'inflation est encore en cours.
L'inflation au Canada a d'abord diminué à 2,8 %, s'inscrivant dans la fourchette cible de la Banque du Canada, mais a par la suite grimpé à 4 % à la fin du trimestre, sous l'effet de l'augmentation des prix de l'essence, de la nourriture, des hypothèques et des loyers. Bien que l'inflation sous-jacente montre une tendance à la désinflation, celle-ci est lente. En juillet, la Banque du Canada a relevé ses taux à 5 %, le plus haut niveau depuis 2001, et les a par la suite maintenus constants.
Les performances des marchés financiers au deuxième trimestre
L'indice composite S&P/TSX a clôturé le trimestre en recul de 2,2 %, l'indice S&P 500 a diminué de 1,3 %, l'indice NASDAQ a perdu 3,9 %, l'indice MSCI Monde a baissé de 2,6 % et l'indice MSCI EAEO a fléchi de 2 %.
Malgré un départ solide au troisième trimestre, avec une progression notable en juillet et l'indice S&P 500 affichant un cinquième mois consécutif de hausse, soutenu par les secteurs bancaire et technologique, les marchés d'actions ont régressé en août et en septembre, terminant le trimestre sur une note négative. Les augmentations des rendements des obligations, les préoccupations autour d'une possible fermeture du gouvernement américain en octobre, et les anticipations concernant les taux d'intérêt et l'inflation ont exercé une pression sur les actions en Amérique du Nord. Parallèlement, le rythme modéré de la reprise économique chinoise a pesé sur les marchés d'actions à l'échelle mondiale. Néanmoins, les marchés d'actions maintiennent une performance positive depuis le début de l'année, avec le NASDAQ qui conserve un gain impressionnant d'environ 27 %.
Nvidia Corp., listée sur le NASDAQ, a rapporté une série de résultats financiers supérieurs aux attentes, reflétant une demande robuste pour ses technologies, notamment dans le domaine de l'intelligence artificielle. En août, plus de 90 % des entreprises de l'indice S&P 500 avaient rapporté leurs bénéfices du deuxième trimestre, affichant des résultats généralement au-dessus des attentes conservatrices, bien que la croissance des bénéfices ait été inégale. Les grandes banques canadiennes ont aussi publié leurs rapports du troisième trimestre, montrant une baisse des bénéfices due à l'augmentation des dépenses et aux provisions pour pertes sur crédits, tout en affichant des performances solides en termes absolus.
Les marchés obligataires, souvent en opposition aux actions, ont enregistré une hausse des rendements aux États-Unis et au Canada pendant le trimestre. Les rendements sont restés stables au début du trimestre avec un accueil positif des chiffres de l'inflation, mais ont grimpé pendant l'été suite à la révision à la baisse de la note de la dette américaine par Fitch. Ils ont connu une baisse temporaire après de bonnes nouvelles sur l'emploi, pour finalement remonter en septembre à la lumière de l'interprétation par les investisseurs de la pause des hausses de taux par la Fed et la Banque du Canada comme indicateur d'un maintien des taux élevés plus longtemps.
Après un déclin aux premier et deuxième trimestres, les prix du pétrole ont repris de la valeur au troisième trimestre, franchissant le cap des 90 dollars américains le baril pour la première fois depuis fin 2022, une hausse attribuée aux réductions de production de l'Arabie saoudite et de l'OPEP affectant les approvisionnements mondiaux.
Du côté des marchés des devises, le dollar américain s'est renforcé durant le trimestre, soutenu par la solidité relative de l'économie américaine et des rendements obligataires attractifs. Le dollar canadien, souvent influencé par le pétrole, a aussi gagné du terrain face aux autres devises majeures.
Que pouvons-nous anticiper à présent ?
Suite à un début d'année dynamique en 2023, les marchés ont subi des baisses ces derniers temps. Il semble que nous soyons proches, ou peut-être même au cœur, de la fin du cycle d'augmentation des taux d'intérêt. Les phases de transition sont souvent marquées par des fluctuations de marché. Les investisseurs vont rechercher à mieux comprendre les effets retardés des augmentations de taux déjà effectuées, combien de temps les taux pourraient demeurer à un niveau supérieur et les conditions qui pousseraient les banques centrales à modifier leur politique monétaire.
Indépendamment de notre étape actuelle dans le cycle des marchés, il est essentiel de s'en tenir à une approche d'investissement méthodique et de garder le cap sur les objectifs à long terme. Une telle méthode d'investissement vous aide à éviter d'être guidé par l'émotion, ce qui conduit souvent à acheter quand les prix sont hauts et à vendre quand ils sont bas, un piège fréquent chez de nombreux investisseurs. Une surveillance et une réévaluation régulières de votre portefeuille sont nécessaires pour s'assurer qu'il reste aligné avec vos visées. En outre, la diversification de vos placements peut aussi diminuer le risque.
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