Certaines personnes recherchent une méthode claire pour déterminer quel régime d'épargne privilégier en cas de surplus budgétaire. Cependant, avec la présence de plusieurs régimes d'épargne existants tels que le REER, le CELI, le REEE, ainsi que l'introduction d'un nouveau régime cette année, le CELIAPP pour l'achat d'une première propriété, il y a une confusion croissante. De plus, la question se pose de savoir si l'option non enregistrée hors régime est toujours pertinente. L'investisseur est donc confronté à plus d'options - et de questions - que jamais.
Un exemple de méthode claire pourrait être de rembourser d'abord votre solde de carte de crédit, puis de constituer un fonds d'urgence (peut-être dans un CELI), de cotiser au REEE si vous avez des enfants mineurs, et enfin, de cotiser au REER si le taux marginal d'imposition est supérieur au moment de la cotisation qu'au moment du retrait. Enfin, en fonction du taux de rendement attendu, vous pourriez choisir entre le REER, le CELI et le remboursement des dettes.
Cependant, il est possible de varier cette méthode en y ajoutant de nouveaux éléments. Par exemple, vous pourriez envisager d'investir dans des actions ou des obligations plutôt que de simplement cotiser à des régimes d'épargne enregistrés. Vous pourriez également considérer l'investissement dans des comptes d'épargne à taux élevé ou des comptes du marché monétaire pour des objectifs d'épargne à court terme. Il est important de bien comprendre les avantages et les inconvénients de chaque option avant de prendre une décision.
1. Est-ce que votre employeur propose un programme de contribution partielle ?
Si votre employeur offre un programme dans lequel il contribue en partie, il est recommandé de maximiser cette contribution, peu importe s'il s'agit d'un REER, d'un CELI ou d'un régime non enregistré. Dans cette situation, même le régime non enregistré est très attrayant car vous bénéficiez d'un rendement garanti égal à la contribution de l'employeur. Par exemple, si la contribution de votre employeur est de 25% de votre cotisation, cela vous donne un rendement garanti de 25%, moins l'impôt relatif à l'avantage imposable. Même si le rendement est imposable, par exemple sous forme de gain en capital lors du retrait, il est peu probable que vous puissiez trouver un autre rendement garanti équivalent.
2. Envisagez-vous l'achat d'une résidence principale dans les 15 prochaines années ?
Si tel est le cas, il est recommandé de maximiser vos cotisations au CELIAPP si vous avez l'intention d'acheter une résidence principale dans les 15 prochaines années. Vous pouvez y cotiser jusqu'à un maximum de 8 000 $ depuis cette année. Les cotisations effectuées dans ce nouveau régime sont déductibles d'impôt, tout comme pour le REER, et ces déductions peuvent être reportées à une année ultérieure. En outre, vous pourrez bénéficier d'un retrait libre d'impôt lorsque vous effectuerez votre achat.
Et si vous avez des enfants...
3.Devriez-vous opter pour le REEE ou le CELIAPP ?
Lorsqu'on a des enfants mineurs, la question de choisir entre le REEE ou le CELIAPP peut se poser, mais elle peut également être pertinente pour un jeune de 18 ou 19 ans, en raison de la possibilité d'obtenir le Bon d'études canadien de façon rétroactive.
-
En présence d'enfants mineurs, il peut être avantageux d'opter pour une déduction fiscale, comme celle offerte par le CELIAPP, en raison du taux d'imposition marginal effectif qui risque d'être plus élevé (en raison des mesures socio-fiscales qui pourraient être bonifiées en plus de l'économie d'impôt). Le CELIAPP devrait donc être privilégié en premier lieu, d'autant plus que l'économie d'impôt engendrée pourrait être investie dans un REEE.
-
Cependant, plus l'enfant approche de ses 18 ans, plus le REEE peut s'avérer un choix payant. Dans certains cas, si les surplus sont plus limités, emprunter pour cotiser au REEE pourrait être une option. Par exemple, si vous avez des droits de cotisation subventionnables de 5 000 $, vous pouvez emprunter ce montant sur votre marge de crédit hypothécaire et le placer dans un REEE, par exemple dans un CPG dont le taux s'approche de celui de votre marge. Vous pourriez peut-être payer un peu plus d'intérêt sur votre marge par rapport à ce que vous gagnez avec votre CPG, mais dans un court laps de temps, vous pourrez retirer la cotisation de 5 000 $ du REEE pour rembourser le prêt. Ce retrait est libre d'impôt. En comparant les intérêts payés à la subvention obtenue, vous pourriez très probablement sortir gagnant. Il est important de bien évaluer la situation avec un conseiller avant d'opter pour cette stratégie.
4. Faut-il opter pour un CELI ou un compte non enregistré ?
Lorsque le taux d'intérêt de l'emprunt hypothécaire est supérieur au rendement du CELI, il est préférable de privilégier le paiement de la dette plutôt que le CELI, qui fonctionnerait alors comme un compte non enregistré. Cependant, dans certains cas, il peut être avantageux de faire l'inverse. Par exemple, si un investisseur a un profil de risque 100% en actions, il pourrait espérer à long terme un rendement d'environ 6,5%, selon les hypothèses de projection de l'IQPF et de FP Canada, avant frais de gestion (en supposant des frais de gestion de 1%, le rendement après frais serait de 5,50%).
Avec les récentes hausses de taux hypothécaires, si le taux d'intérêt de l'hypothèque tourne autour de 6%, il peut sembler préférable d'effectuer une remise en capital sur l'hypothèque plutôt qu'une cotisation au CELI. Toutefois, si l'investisseur désire épargner pour le long terme, il est important de rappeler qu'une maison ne peut pas servir de caisse de retraite. Il serait alors probablement plus avantageux de privilégier le CELI, notamment pour la partie croissance de son portefeuille. Néanmoins, pour la partie prudente de son portefeuille, il peut être judicieux d'obtenir un rendement net garanti de 6% en effectuant une remise en capital sur son hypothèque. Tout cela en s'assurant toujours de respecter son profil d'investisseur global.
5. Êtes-vous ou votre enfant admissible au crédit d'impôt pour personne handicapée (CIPH) ?
En fonction de l'âge du bénéficiaire :
-
49 ans et moins : il est recommandé de privilégier le REEI en raison des généreuses subventions minimales de 300 % sur les premiers 500 $ et 200 % sur les 1 000 $ suivants.
-
50 à 59 ans : à partir de 50 ans, il n'y a plus de subventions pour le REEI, le CELI devient donc prioritaire, puis le REEI (qui reste toutefois avantageux, car il fructifiera à l'abri de l'impôt).
-
+59 ans : le CELI est prioritaire (la date limite pour cotiser au REEI étant de 59 ans).
Je recommande de prioriser le CELI plutôt que le REER pour ne pas affecter les mesures socio-fiscales qui pourraient être versées. Il convient de noter que la capacité d'un individu à travailler n'est pas prise en compte pour déterminer son admissibilité au CIPH, de sorte que le REER peut être avantageux dans certains cas.
En fin de compte, il est essentiel de consulter un planificateur financier ou une planificatrice financière, car il n'y a pas de recette toute faite. Il est facile de s'écarter de la recette originale ! Cependant, je crois que le compte non enregistré reste pertinent et peut devenir encore plus pertinent en cas de remises en capital hypothécaires !
Commentaires
0 commentaire
Cet article n'accepte pas de commentaires.